Après le méga-tunnel sous Lyon, place au méga-métro. Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli viennent de dévoiler leur vision pour les transports lyonnais : une nouvelle ligne de métro automatique Est-Ouest, capable de relier l’ouest de la métropole à l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry en passant par les grands pôles stratégiques de la ville.
Un projet ambitieux, pensé sur le long terme, qui pourrait profondément transformer les déplacements à Lyon… mais qui ne fait pas l’unanimité.
🚉 Une ligne E XXL entre Tassin et l’aéroport
Baptisée ligne E, cette nouvelle infrastructure traverserait toute l’agglomération. Le tracé imaginé desservirait notamment :
- Tassin-la-Demi-Lune (Alaï)
- Bellecour, au cœur de la Presqu’île
- La Part-Dieu, principal hub de transports
- Décines (stade et Arena)
- Meyzieu
- L’aéroport Lyon-Saint-Exupéry, avec sa gare TGV
L’objectif affiché : créer une véritable dorsale métropolitaine Est-Ouest, rapide, capacitaire et connectée aux grands équipements économiques et culturels de la métropole.
🕰️ Un projet en plusieurs étapes… jusqu’à 2040
Le duo Aulas–Sarselli défend une stratégie en trois temps :
- Court terme : améliorer le réseau TCL existant (pannes de métro, escalators, sécurité, propreté, bus vers les zones mal desservies).
- Moyen terme : relancer officiellement le métro E vers l’ouest, avec un premier tronçon entre Tassin et Bellecour.
- Long terme : prolonger la ligne vers l’est jusqu’à l’aéroport, à l’horizon 2040.
Les premières études seraient lancées dès le début du prochain mandat, en cas de victoire aux élections municipales et métropolitaines.
🚫 TEOL abandonné au profit du métro
Conséquence directe : le tramway express de l’ouest lyonnais (TEOL), porté par l’actuelle majorité écologiste, serait donc abandonné.
Pour les deux candidats, ce projet est jugé insuffisant : capacité limitée, correspondances multiples et desserte incomplète des pôles majeurs comme Bellecour ou Part-Dieu.
À l’inverse, le métro E est présenté comme un investissement plus coûteux mais plus durable, capable de répondre aux besoins de mobilité des prochaines décennies.
💰 Un chantier à plusieurs milliards d’euros
Sans donner de chiffrage définitif, Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli reconnaissent que le projet représenterait plusieurs milliards d’euros, à ajouter à d’autres engagements lourds : modernisation du métro, tunnel sous Lyon, gratuité partielle des TCL, nouveaux équipements.
À titre de comparaison, Toulouse construit actuellement une troisième ligne de métro de 21 km pour 3,5 milliards d’euros.
🔄 Portiques, hubs et parkings-relais au programme
Au-delà du métro, le plan transport prévoit aussi :
- l’installation de portiques automatiques sur les lignes B et D d’ici trois ans,
- la création d’une trentaine de hubs multimodaux (parkings-relais, coworking, services),
- de nouvelles interconnexions entre lignes de tramway,
- et une accélération de la rénovation des escalators et ascenseurs du réseau TCL.
⚖️ Un projet ambitieux… mais très clivant
Si les promoteurs du métro E parlent de vision, d’attractivité européenne et de cohésion territoriale, l’opposition dénonce un projet coûteux, lointain et incertain, qui repousserait donc toute nouvelle infrastructure majeure au-delà du prochain mandat.
Une chose est sûre : le métro E s’impose déjà comme l’un des grands sujets de la campagne municipale à Lyon.
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